Coiffage pulpaire

 

Le coiffage pulpaire reste un acte difficile et délicat de la médecine bucco-dentaire. Le praticien, aujourd’hui, dispose de plus de données scientifiques et de matériaux qu’en 1993, mais néanmoins, un coiffage pulpaire direct (qui permet de garder une dent vivante lors d’effraction minime de la chambre pulaire) se pratique encore avec une pointe d’incertitude et dans le « clair-obscur» .

Les mécanismes subtils de défense, régénération, réparation et de guérison du complexe dentîno-pulpaire sont loin d’être parfaitement élucidés, mais le coiffage pulpaire est une procédure qui peut être réalisée avec succès en omnipratique si l’indication est bien posée et les matériaux adéquats manipulés judicieusement.

Actuellement, le produit le plus utilisé est l’hydroxyde de calcium est le médicament et le verre ionomère photopolymérisable le pansement de protection.

Un nouveau produit de coiffage au nom évocateur vient de voir le jour. Il s’agit de la Biodentine™, conçu et mis au point par des équipes françaises. C’est un ciment bioactif à base de silicate de calcium. Il est biocompatible et offre de bonnes propriétés mécaniques et physiques, il s’associe bien avec le substrat dentaire et les systèmes adhésifs et assure l’étanchéité indispensable à la réussite du coiffage. Son utilisation également comme substitut dentinaire est intéressante et les premières études cliniques sont encourageantes.

Avant qu’il soit commercialisé sous le nom de biodentine, ce matériau était testé pour être un substitut du MTA dans son efficacité qui devait être commercialisé environ 3 fois moins cher. C’est un matériaux, dans sa dernière formulation qui a l’aspect d’un IRM (blanc de blanc)et la texture d’un ciment. Il est issu de technologies visant à microniser les ciments Portland (utilisés dans le batiment).

Très étanche, s’accomode parfaitement de l’humidité, aucune expansion de prise et possibilité de coller un composite dessus (technique sandwich).
Il possède une excellente biocompatibilité (inertie biologique).

Ce produit serait effectivement plus facile à manipuler par une prise plus contrôlée et moins sensible à l’humidité ambiante.
Peut-être la perspective d’un traitement en une seule séance des perforations et fausses routes. Il sera à évaluer également pour les obturations apicales à rétro en milieu sanglant.

Outre sa manipulation, il a un défaut majeur il n’est pas très radio-opaque. Difficile donc de le distinguer radiologiquement de la dentine…

Une étude sur 225 chirurgiens-dentistes * révèle que 12,9 % ne réalisent jamais de coiffage direct. Comme agent de coiffage direct, 40 % d’entre eux utilisent les verres ionomères photo, 28,1 % l’hy-droxyde de calcium, 6,7 % les adhésifs, 3,1 % le MTÂ, 1,8 % le laser.

 

Source : Biodentiste.fr

Article rédigé par le praticien le 07/03/2013